PÉQUENAUDE 


Adaptation scénique d'extraits de PÉQUENAUDE de Juliette Rousseau
(éditions Cambourakis-2024)
Avec Jenny Delécolle et Sejé
Mise en espace, Pascal Omhovère.

 
Création les vendredi 7 mars et dimanche 9 mars à SCOPA, AJACCIO.
Reprises le 13 juin , et dans le cadre du Travail Autre le 4 octobre 25. 

Dans Péquenaude, Juliette Rousseau creuse les liens entre corps et territoire. 

Depuis la campagne agro-industrielle bretonne où elle vit, elle interroge la ruralité, les questions de classe et de genre, l’industrialisation, la relation au vivant, l’enfance, les traditions, la transmission… 

Dans une langue puissante et bouleversante, elle explore ce que signifie habiter une terre abîmée.

 

Entendre ce texte, le faire entendre, en lui donnant la possibilité de l’oralité, nous a paru essentiel.

Avec sur scène le musicien Sejé à la guitare électrique (compositions personnelles) et Jenny Delécolle dans un par cœur intégral et texte en main, nous nous sommes activement laissés entraîner dans la magnifique densité poétique, politique et musicale des pensées de Juliette Rousseau.

Pour ce faire, il nous a paru évident de créer une atmosphère, celle d’un concert intime, une veillée chantée, ou lecture partagée. 
Un lieu pour 
« Retrouver du lien. Souffler du sens. Ouvrir au commun. »
 
Un endroit chaleureux. Deux micros, deux enceintes, un ampli, une guitare Gretsch et ses pédales, un tapis, un archet, quelques lampes et livres, une canette de bière, des tabourets en bois, des souvenirs, des éclairs, ou un feu contenu.
 
Les spectateurs juste là, devant.
 
Pourvu, comme le dit Juliette, 
« que les textes échappent, au moins en partie, à leur sort de prodiuit marchand, lucratif, de produit bourgeois et distinctif. Qu’ils servent enfin à quelque chose. Car écrire viendra toujours après. » 

Extrait de Péquenaude
Mais c’est aussi que je ne sais pas comment parler d’où je viens. Comment le dire ? Je viens d’un endroit saturé par le son des moteurs. Un endroit aux formes géométriques, des lignes dans des carrés, de longues lignes dans de très grands carrés. Et de temps à autre, un rond. De la terre morte, du goudron élimé, du béton frais. Je viens d’un endroit bruyant et silencieux à la fois, bruyant à t’en rendre folle, mais sans mots pour se dire. Je viens d’un endroit où la honte de soi transpire partout où l’on pose les pieds. Où la fierté se confond avec la docilité, qui se confond avec l’abrutissement, qui se confond avec l’accomplissement, qui se confond avec le bonheur, qui se confond avec la joie.